Tourner, modeler, raturer, recommencer

 

à la base de ma pratique il y avait un programme d’études de formes, glanées dans des livres ou des musées, allant puiser à plusieurs répertoires, une série d’exercices et de répétitions. Très vite la machine s’est enrayée (comme celle des Temps Modernes) et les objets sortis du tour se sont trouvés déformés, perturbés, donnant au passage un nom à l'atelier. Cette bascule m’a engagée à suivre quelques guides à l’infinitif : m’en remettre à l’enfance et au jeu, interrompre une production de série en raturant les objets ou en en accentuant les ratures, en les affublant d’excroissances modelées en émail, en les hybridant, en y infusant autre chose, cul par-dessus tête, en somme en traquant la part informe en germe dans la forme. Bricoler des objets utilitaires dévoyés, donc, pas tout à fait utiles, des objets entre, choisir des matières pour leurs qualités propres et mélanger sans les hiérarchiser grès du commerce, porcelaine, Philip Guston, émaux fabriqués, terres ramassées, cendres, cruches anthropomorphes, Mike Kelley, oxydes colorants  industriels, cailloux, verseuses Song, Pierre la Police, et transformer le manganèse en or par opérations banales…